Si vous avez loupé l’expo photo sur la “face cachée” du Chili…

Rendre visible une histoire, des communautés et des événements qui peinent à sortir de l’ombre : telle était l’ambition des superbes clichés présentés à la Maison de l’Amérique latine de Paris.  À retrouver en ligne !

Retrouvez l’expo photo sur la « face cachée » du Chili en ligne !

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© Claudio Pérez, Volcan San Pedro y San Pablo, du livre Ritos y Memoria, Chile, 2005 Courtesy Galerie NegPos - Expo photo Faces cachées

© Claudio Pérez, Volcan San Pedro y San Pablo, du livre Ritos y Memoria, Chile, 2005 Expo photo Faces cachées

Le philosophe Gilles Deleuze écrivait que l’art permettait de « rendre visibles des forces invisibles ». C’est précisément ce qu’ont proposé trois générations de photographes chiliens, à la Maison de l’Amérique latine de Paris, en exposant plusieurs séries de photos dédiés à leur pays. « Faces cachées, photographie chilienne 1980 – 2015 » a ainsi dévoilé l’histoire comme le présent de leur pays, troublé par des années de dictature, de violence politique et aujourd’hui encore de pauvreté. L’exposition est terminée, mais de nombreuses photos sont encore visibles sur le site du musée. Vous trouverez également des ressources et le catalogue de photos sur le site officiel de l’exposition. C’est l’idéal si vous cherchez l’inspiration pour vos photos de rue ou de voyage.

Parmi les auteurs photographes, les uns ont connu la dictature de Pinochet, les autres non… Et tous n’ont pas la même sensibilité ni les mêmes intérêts. Mais il ont en commun une attention portées aux marges de leur société : chacun est en effet parti à la recherche de l’invisible, de l’interdit et du lointain, témoignant aussi bien d’événements passés sous silence que de l’existence de communautés et d’individus souvent négligés. Cette tentative de lever les voiles d’ombre pour révéler les “faces cachées” du pays donne tout son sens à l’exposition.

Des archives et de l’art
Loin de se restreindre à une approche historique ou photo-journalistique, l’exposition conjugue habilement les registres artistiques et documentaires. Les frères Alejandro et Alvaro Hoppe sont peut-être les plus journalistes dans leur approche, témoignant notamment de la situation tendue des années 80. Dans un registre plus contemporain, Zaida González met en scène le Chili underground et transgressif d’aujourd’hui, tout en ayant une démarche plus plasticienne – posant notamment des aquarelles sur des clichés en noir et blanc.

D’autres photographes s’intéressent davantage aux communautés du pays, comme Luis Navarro : ce photographe partage sa vie depuis une dizaine d’années avec des gitans installés dans le pays ; il rapporte au fil de ces clichés leur vie quotidienne, leur culture, leurs espoirs. Leonora Vicuña se bat de son côté pour la préservation de l’identité et de la mémoire du peuple Mapuche, une minorité culturelle historiquement implantée sur ces terres. Elle utilise plusieurs supports outre la photo (vidéo, arts plastiques…) pour accentuer la dimension fantasmagorique voire chamanique de leur culture. Une approche que complète agréablement le travail de Claudio Pérez, dédié mythes et rituels du Chili, à sa dimension spirituelle et ethnologique.

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